Préambule

Une chose est sûre, le témoignage de Karim Moulay est poignant, d’une précision déroutante à un degré où il ne fait point de doute que pareille témoignage, de par l’identité de son auteur et des faits qui y sont révélés, dans leurs chronologies, des dates précises reliées à des événements qui ont fait la une pendant des années, que pareille témoignage aurait sans nul doute, sous d’autres cieux fait tomber bien des têtes de la haute sphère, et bien des gouvernements, chose qui malheureusement n’est pas prête de se réaliser de si tôt dans notre pauvre pays meurtri. Ceci n’est pas nouveau, nous diront certains, et j’en conviens !

D’autre part, il est d’emblé nécessaire de préciser un fait capital, relevé d’ailleurs par ce témoin d’une manière sans équivoque : il ne fait pas de doute que le terrorisme dit islamiste existe, et qu’un certain nombre d’opérations ont été menées par ces groupes, mais ce qui est effarant, connu depuis toujours et confirmé par ce même témoin, c’est que ce terrorisme islamiste ne représentait pas plus de 10% de l’ensemble des atrocités qui ont endeuillé le pays, principalement les massacres à grandes échelles et les faux barrages commandités par Tewfiq personnellement, toujours selon ce témoin qui considère, que plus de 90% des crimes relèvent du terrorisme d’Etat ou plus précisément du terrorisme de la cabale DRS. Une fois encore ce n’est pas nouveau, à la différence que ce témoignage vient renforcer cette vérité avec des détails qu’aucune personne sensée et sincère ne pourrait mettre en doute, puisque le témoin va jusqu’à incriminer sa personne, en avouant avoir été présent lors des événements décrits. A lumière de ce qui vient d’être énoncé, je pense que personne, parmi ceux qui aspirent sincèrement, à une sortie de cette phase dramatique de notre pays, n’est en droit de craindre la vérité et devrait au contraire accepter chaleureusement ce que cette vérité est disposée à nous révéler ; elle ne peut être que salvatrice, elle sera ferme à l’encontre de tous ceux qui ont endeuillé le pays, qui devront répondre de leurs crimes, qu’ils soient des hommes du DRS, des hommes des groupes dits islamistes ou tout simplement d’opportunistes, trabendistes convertis.

Loin de toute naïveté, l’important n’est pas de juger MK, mais d’encourager les KM

De même, il ne faut pas être naïf au point de croire que notre presse dite indépendante, va se faire le devoir de se saisir de ce dossier pour faire la lumière sur cette phase douloureuse de notre histoire récente, et rétablir la vérité, de la même manière avec laquelle elle s’est pompeusement illustrée pour nous dévoiler les « crimes économiques » faramineux qui ont éclaboussé Sonatrach, le projet de l’autoroute transnationale et autres organismes nationaux. L’ironie dans tout cela est que cette presse nous fait savoir que c’est l’auguste DRS en personne, qui menait le bal et traquait les responsables véreux ; seulement maintenant que la DRS est au centre de la tragédie, et au banc des accusés (accusé par un de ses éléments actifs), et dont la responsabilité ne fait plus de doute comme en atteste cet énième témoignage de cet agent de l’intérieur des rangs, à quoi devra-t-on s’attendre, sans verser dans la satisfecit et la suffisance ?

Une question lancinante reste posée ; si tout cela n’arrive pas à faire tomber la bête immonde que restera-t-il à faire ? Va-t-on disserter en boucle, à l’infini, sur les présumés motifs de ce témoin, et s’entre-déchirer entre ceux qui ne voient en lui qu’un pion d’un clan, dont le témoignage ne sert que de levier pour faire vaciller le clan opposé, ceux qui l’accusent de vouloir se refaire une virginité qui lui permettrait de continuer son travail d’infiltration, et s’introduire grâce à ce témoignage, dans les rangs de l’opposition à l’étranger (Rachad entre autre, tel que suggéré par un internaute), et ceux qui ne le considèrent rien de plus qu’un assassin qui devrait se constituer prisonnier auprès du TPI ? N’a-t-il pas eu, lui au moins, le courage de s’auto incriminer, sans détours, à l’inverse de ceux qui continuent leurs forfaits, ou ceux qui continuent, à un moindre degré, de garder le silence lâche et coupable ? N’a-t-il pas le mérite d’assumer publiquement sa part de responsabilité ? Personne n’est en fait dans la possibilité de trancher pour l’une ou l’autre des réponses. Seul le concerné et Dieu le tout puissant sont dans le secret, et à mon avis ces réponses là ne sont même pas indispensables. Ce qui est primordial et devrait par contre nous interpeller, tous autant que nous sommes, indépendamment de notre point de vue sur la personne, c’est l’approche qu’on se doit de suivre pour orienter notre action, plutôt que d’émettre des jugements qui nous « déresponsabilisent », à savoir aborder le cas positivement, sans trop accorder d’importance aux intentions et complots des uns et des autres, et trouver le bon créneau, qui nous aidera à utiliser pragmatiquement le contenu riche et étayé de ce témoignage pour rendre possible l’institution d’une commission d’enquête indépendante pour déterrer ces dossiers et traduire les véritables responsable devant des tribunaux effectifs.

Cela contribuera sans nul doute à enclencher un phénomène qui se généralisera pour couvrir l’ensemble des crimes qui ont ensanglanté notre pays. Là est l’important, et je pense que nous ne devrions pas verser dans la culpabilisation de ce témoin, au risque d’en dissuader d’autres. Je ne suis pour ma part ni pour sa culpabilisation ni pour son absolution ; ce n’est pas notre rôle tout simplement. De plus je n’en serai pas étonné si les familles des victimes, seraient elles-mêmes disposées à lui accorder, à lui et à ses compères, leur pardon, pour peu qu’ils révèlent les informations crédibles et vérifiables qui aideraient ces familles à connaître le sort des leurs et l’endroit où se trouveraient les corps de leurs chers disparus ou assassinés, à l’image de ce qui s’est passé en Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid (Truth and Reconciliation Commission).

Ne soyons pas aveuglés par l’ampleur de l’horreur en fixant des yeux ce témoin, et essayons plutôt de dépasser cette rancœur et encourager ce genre de témoignage qui contribuera assurément à faire imposer le droit du savoir et à instaurer la justice, qui permettra aux cœurs brisés de faire leur deuil, tout en favorisant le retour à la paix et la sécurité, en instituant un climat de confiance et d’espoir.

Les média au lit

Je reviens au témoignage. Connaissant le parcours peu glorieux de notre presse et ses réflexes, une chose est quasiment certaine, cette presse va d’abord « considérer » dans ses pages internes, le cas comme non événement, dans l’espoir de l’enterrer suivant sa stratégie d’indifférence calculée, pour passer en phase deux, si besoin est, à savoir s’acharner sur la personne du témoin, dans le but de le décrédibiliser afin de mettre son témoignage en bouillie, et « descendre » l’homme qui dérange, en droite ligne avec sa ligne édito par excellence, à la manière empruntée dans les cas de Habib Souaidia, Hichem Aboud, Abdelkader Tigha, Mohamed Samraoui, et autres, qui ont tous subi les foudres et la déferlante vindicte de note presse « au lit » (enbedded).

Les raisons de pareille position sont connues de tous, chose qui a été par ailleurs très bien illustrée par KM, dans la relation fonctionnelle entretenue entre le DRS et ces journalistes (KM précise bien le sort de ceux qui ont osé refuser de se mettre au lit : soit la liquidation physique (la journaliste Hayat de Bousaada qui avait été tuée par la même équipe citée par KM parce qu’elle avait refusé de travailler avec eux) ou alors l’exil (la journaliste Khadîdja Benguenna qui travaille depuis avec Aljazeera). On pourrait même faire le parallèle entre une certaine caste de journalistes de la catégorie warmonger au USA à l’image de son archétype Judith Miller du New York Times, et entre notre version indigène de Judith Miller (1), en la personne de Salima Tlemçani, comme spécimen des journalistes au lit du DRS, à la différence que J. Miller assume son nom, tandis que Tlemçani se barricade derrière ce nom d’emprunt.

De même, il serait tellement vain de croire et d’attendre que la communauté internationale (officielle), se proclamant libre, éprise de justice, qui fond en pleurs sur le malheureux cas de Darfour, tout en se détournant lâchement et cupidement des massacres de Gazza et de l’Irak et d’autre contrées « maudites », il serait tellement candide de croire que cette communauté dite libre, va jusqu’à rompre sa villégiature pour venir porter secours à ces pauvres moins que rien que nous sommes, et épingler ces dictateurs, qu’elle ne cesse de traquer que là où ses intérêts ne sont pas assurés, ni clouer au pilori ses potentats qu’elle n’arrive à épingler que là où ça l’arrange ! Combien même le général Tewfik, lui même, du haut de sa funeste personne, viendrait « confesser » en direct ses crimes, on trouvera toujours un tour de prestidigitation, pour détourner l’attention et de parler d’une manipulation subversive.

Entre la poursuite de la lutte et le jet de l’éponge

Certains nous diront, basta, à quoi cela rime ces énièmes témoignages. Ils diront cela, sans mettre en doute la crédibilité de leurs auteurs, ni de la pertinence de leurs aveux et de la véracité du flot d’informations qu’ils apportent, ni des motifs de leur mea culpa. Ils diront cela par sentiment de lassitude, se sentant frustrés et fort désabusés, en constatant, impuissants, que tous ces témoignages, malgré l’impact que cela devrait engendrer, restent lettre morte, et ne font pas bouger, encore moins bousculer, le pouvoir terroriste en place, d’un iota. Pire encore, ce pouvoir semble à leurs yeux s’adapter à chaque cas pour se repositionner, allant jusqu’à décourager quiconque penserait à alléger sa conscience, essayant de les dissuader, par le biais de sa machine de guerre psychologique, qui s’agite suite à chaque événement du genre, dans le but de pérenniser l’état de découragement au sein de la population en général, et dans les milieux qui militent pour le changement non-violent effectif en particulier, et terroriser tous ceux qui seraient tentés de velléités de se décharger du lourd fardeau qui pèse sur leur conscience.

En un mot, encourager le défaitisme, qui a pour suite logique le jet de l’éponge, reste l’arme fatale entre les griffes de la militarchie du DRS. Cette stratégie s’exécute dans un décors qui cherche à donner l’impression, que cette cabale agit en toute quiétude et confiance, pour frapper les esprits et annihiler les efforts militants, essayant de susurrer à qui veut bien rentrer dans sa confidence, qu’elle reste maîtresse du jeu, contre vents et marées, et que rien ne lui fera lâcher prise, et qu’elle ne craint personne. C’est le message qu’elle tente de distiller, mais à force « d’hypertrophier » les moyens utilisés pour véhiculer cette propagande, elle ne fait en réalité que dévoiler sa vulnérabilité grandissante et son affolement suicidaire.

D’autres verront dans la force et la cohésion de cette cabale, l’image d’un mur qui, bien que semblant tenir, cache en son sein des fissures de plus en plus profondes, menaçant la structure dans sa globalité, et cette façade craquelante devient de plus en plus chancelante avec les coups qui lui sont assenés, de manière rapprochée et soutenue, sachant de plus que cette façade porte en elle-même des fissures intrinsèques qui ne tarderont pas à s’extérioriser, non par remord et prise de conscience des différents protagonistes au sein de cette cabale, mais plus par esprit d’auto protection, au point où chacun serait prêt à sacrifier l’autre comme prix à payer pour le propre salut de soi-même.

Le rassemblement consensuel de cette cabale ayant eu pour support l’intérêt mutuel des parties de cette cabale, sa déflagration s’opérera selon le même mode opératoire, chacun mettant tout en sa disposition pour préserver son propre salut, d’autant plus que la menace pointant de son nez, devient de plus en plus concrète et pesante, ce qui inévitablement précipitera le sort de cette même cabale.

Cette pseudo cohérence ne tient plus qu’à « un petit coup » de massue. Il serait tellement lâche et irresponsable de notre part, de démordre à cet instant précis, car s’il y a quelqu’un au jour d’aujourd’hui qui vit la panique totale, et voit les abysses que lui réserve son sort, non pas seulement dans ses cauchemars, mais bien en pleine lumière du jour, un sort funeste qui attend tout criminel de guerre, ce sont bien les gens de cette cabale nommée DRS, excroissance dégénérative et dégénérée qui s’est greffée au corps de l’ANP, à son insu, et en son nom.

Ils savent que même les amnisties fantoches qu’ils se sont auto attribués, à l’images de leurs compères des dictatures d’Amérique du Sud, ne les prémuniront pas contre le passage devant des tribunaux, non pas du genre qu’ils ont eux-mêmes institués pour assassiner et travestir la justice par le biais de magistrats véreux, mais devant des tribunaux qui les mettront face aux crimes massifs qu’ils ont commis et commandités. Ils auront en face d’eux des victimes, des témoins, des gens de leurs rangs, qu’ils ne sont plus en mesure ni de menacer ni d’acheter le silence et la conscience.

Utopisme, wishful thinking ou… réalisme?

Je sais, certains verront, et je le comprendrais, que cela relève de l’utopisme et du sentiment du wishful thinking, mais je ne suis pas de cet avis, car ce que je propose dans ce qui suit, n’est tributaire ni d’une quelconque attente de notre presse à ce qu’elle s’acquitte de la tache qu’elle est supposée devoir accomplir, ni d’un soudain réveil d’une communauté internationale qui solde bien mieux ses comptes avec ce diable qu’elle connaît, et qui n’est pas disposée à cracher sur les milliards de dollars en « action » et en contrats juteux à faire perdre la raison, que lui assure les potentats fréquentables le temps qu’il faut, tout comme l’étaient les Saddam, Noriega, Duvalier et autres, avant de tomber dans la disgrâce.

Non, ce que nous attendons, et devrons tout faire pour optimiser, c’est de ne compter sur personne d’autre sinon sur nous-mêmes, de nous acquitter du devoir qui nous incombe à nous tous. Le travail est de longue haleine, les coups doivent être précis, synchronisés, périodiques, basés sur des preuves irréfutables, des noms, des adresses, des dates, tout en leur assurant une médiatisation aussi bien nationale qu’internationale afin de déjouer la censure de la cabale, des coups assenés sans répit, et de plus en plus nombreux afin de perdre à cette junte la raison, sa cohésion de façade ou ce qui en reste, la désorienter à lui faire perdre ses repères et ses réflexes. Cela donnera assurément confiance au peuple, à ceux qui veulent contribuer au changement et à ceux parmi les exécutants du DRS et autres nébuleuses d’organismes sécuritaires parallèles, qui chercheraient une sortie, pour retrouver la paix de soi. Cela leur inspirera confiance et les encouragera, pourquoi pas, à emprunter le pas à KM et ses pairs. D’autre part, cela annihilera de facto le climat de la peur que ne cesse d’instituer cette junte, sachant qu’elle ne pourra plus désormais ouvrir ses camps de concentrations, les temps ne sont plus les mêmes, ni instituer ses cours spéciales, ni emprisonner les centaines de milliers de citoyens ; elle n’aura plus la capacité de coordonner et de raisonner, étant consciente qu’elle s’effrite et se consume de l’intérieur, et où chacun doute de son voisin (la peur et le doute auront ainsi changé de camps !), et où chacun essaie de doubler son partenaire pour sauver sa peau et là je reviens au témoignage de KM, pour qu’il ne subisse pas le même sort de ses prédécesseurs, ce qui risquerait de décourager toute âme éprise de justice et de changement effectif, je prendrais un exemple concret qu’on pourrait mettre en branle, et qui fera certainement tache d’huile, et pourrait même faire enclencher d’autres créneaux, qui sont tellement nombreux, concrets et réalisables.

Mon exemple de proposition concrète : Portons notre lutte sur des dossiers précis, en premier lieu celui des kidnappés-disparus.

Pratiquement

Il n’est un secret pour personne que cette cabale a mis en branle tout son arsenal et des moyens titanesques, pour étouffer ce dossier, tantôt par l’intimidation et la répression sécuritaire tantôt par la répression juridique, menaçant de poursuite quiconque continuerait de soulever ce dossier, ce qui dénote le degré de hantise et de désarroi dans lequel se trouve cette junte, feignant ignorer qu’il est quasiment impossible de demander à des mères et des épouses, de « tout bonnement » oublier les leurs, contre un papier ou une somme d’argent, ou même au risque d’être « incarcérée », en flagrante violations des chartes onusiennes et du droit international (2).

A la lumière de tout cela, et partant du fait que cette cabale se défend d’être responsable des cas d’enlèvements-disparitions, en tant que système, préférant l’euphémisme de « responsabilité d’individus isolés », prenons l’exemple concret qu’a nommément cité KM, à savoir le cas de l’étudiant proche du FIS, le nommé Bedrane Mohammed, qui avait été enlevé devant l’amphithéâtre M, pour démontrer le caractère institutionnel des enlèvements, plus approprié que le terme de disparition, et de là prouver le recours de cette cabale au même mode opératoire concernant la majorité des vingt mille cas d’enlèvements.

Pour rappel, KM avoue avoir été l’élément qui filait Bedrane, après l’avoir profilé, connaissant son identité, ses coordonnées (KM s’occupait des affaires pédagogiques) et c’est lui-même qui avait emmené ses compères (qu’il nomme par leurs noms) jusqu’à la victime, et après l’avoir accosté près de l’amphithéâtre M de l’USTBH de Bab Ezzouar, trois agents du DRS (connus de KM) se sont chargés de lui mettre une cagoule avant de l’embarquer dans un de leur véhicule pour qu’il disparaisse à jamais.

C’st un cas de disparu kidnappé, bien documenté qui mériterait certainement une corroboration indépendante par les membres de sa famille, des proches, de ses collègues étudiants, une tache qui relève d’organismes spécialisé, qui démontre, on ne peut plus clair, la main des services de la cabale dans les milliers de ces disparitions, que les instigateurs ont voulu vainement enterrer à jamais sous la double baguette de la carotte et du bâton.

Sur le plan pratique, il faudrait commencer par intenter un procès contre le DRS, au nom de la famille de la victime, qui sera plus que disposée à saisir les instances compétentes, voire même les instances internationales, telle que les procédures spéciales onusiennes des droits de l’homme, sachant que ces familles continuent, à ce jour, leurs sit-in hebdomadaires devant les locaux de la commission de Ksentini, pour revendiquer leurs droits de savoir et de justice, malgré les affres de l’appareil répressif qui essaie à chaque fois d’innover dans l’art de la dissuasion répressive.

Ce cas concret et documenté, faisant participer les victimes eux-mêmes ou leurs ayants droit, servira d’antécédent pour l’ensemble des autres cas de kidnappings-disparitions, et contribuera à mettre fin à l’impunité insaturée en système de gouvernance en Algérie. De plus, cela contribuera à encourager ceux qui ont en été responsables, d’une manière ou d’une autre, à alléger leur conscience, dans l’espoir de bénéficier de la possibilité de pardon que seules les familles sont en droit d’octroyer.

D’un autre côté, cet antécédent en faisant tache d’huile sera à même d’éclairer les familles sur le sort des leurs et leur permettrait de faire leurs deuils et surtout de dévoiler la véritable responsabilité des gens du DRS dans ce drame, et c’est précisément à ce niveau que la contribution de KM sera cruciale. Etant lui-même membre de ce sérail, il est par conséquent « au parfum » du mode opératoire de cette cabale, dans son organisation des cas d’enlèvements, depuis la phase de l’établissement des listes jusqu’à l’exécution, en passant par la filature, de même qu’il serait d’un très grand secours pour donner les listes de ses compères « ayant potentiellement » joué le même rôle, et pourquoi pas, les inciter de la manière qu’il juge appropriée, de prouver leur véritable patriotisme et attachement à leur pays, et non pas aux personnes qui les ont pervertis, en plus du fait que c’est une manière pour lui de prouver sa bonne foi et de contribuer effectivement à mette fin aux agissements de cette bête immonde qu’il connaît plus que quiconque et à qui il voue la plus grande haine pour ce qu’il est advenu de lui-même et de son pays. KM pourrait proposer une conduite plus détaillée, en collaboration avec ceux qui restent dans les rangs en étroite coordination avec les familles des victimes et des parties qui les représentent.

Voulons-nous œuvrer activement pour mettre fin à la bête immonde au lieu d’attendre d’hypothétiques sauveurs, ou se vautrer dans une lassitude d’abandon ?

Une chose est sure, cette bête immonde ne tombera pas d’elle-même. Elle tombera sous les coups qui lui seront assénés par nous, tous ceux qui veulent que cela cesse, et que le pays reprenne son cours normal, d’autant plus que notre lutte est étroitement liée à la légitimité de notre cause, et dans les moyens légitimes utilisés, sans tomber dans la provocation qu’utilise cette junte pour « aspirer » toute contestation vers son plasma favori, la violence.

En vain elle essaiera, nous ne nous laisserons pas happés dans son cycle de violence, qui ne sert que ce pouvoir, et ce depuis l’indépendance inachevée subtilisée. L’histoire a prouvé plus d’une fois que le travail continu, assidu et éclairé finit toujours par donner ses fruits. Ajouté à cela notre assurance que cette cabale est en perte de vitesse et que bien des pontes en son sein sont déjà en train de jeter des coups d’œil furtifs et hagards à droite et à gauche pour s’assurer s’il n’y aurait pas des « collègues » qui s’apprêteraient à les sacrifier sournoisement pour sauver leur peau. On ne devrait pas tarder à assister à une course contre la montre. Utopie ? Ô que non ! Cette carcasse prouvera dans très peu de temps qu’elle est devenue obsolète, voire encombrante.

De la même manière procédée avec le dossier épineux des enlèvements-disparitions, d’autres dossiers seront ré-ouverts, tour à tour, ou de manière synchrone selon un agenda pré établi. Quelques dossiers à traiter :

― Les massacres de Ben-Talha, Beni-Messous, Remka… toujours en encourageant aussi bien les rescapés ou les ayants droit à revendiquer leurs droits légitimes, des droit imprescriptibles, et que la charte concoctée par la cabale ne pourrait leur interdire conformément aux textes onusiens et aux chartes internationales en la matière, avec le soutien des organisations de droits de l’homme et de juristes internationaux, en faisant passer des placards publicitaires par le biais des média de grande envergure, et à travers les chaînes de TV satellitaires, pour passer un message clair à l’intention des agents ayant été responsables, les mettant devant leur responsabilité, et même dans le cas où ils ne s’en acquitteraient pas par pur sentiment de culpabilité, ils y gagneraient à le faire par mesure d’autoprotection, car seuls ceux qui y contribuent volontairement pourraient bénéficier du pardon des concernés ou de leur familles. Le maître mot : la traque. Les hauts responsables de cette hécatombe devraient être traqués, et vivre dans la peur, tout comme leurs compères nazis traqués dans les quatre coins du monde, avec la ferme conviction que ni le temps, ni les distances ne les protégeront contre la justice universelle. N’ont-ils pas devant eux l’exemple relativement récent des dictateurs sud américains ?!

― Faire la lumière sur les structures et fonctionnement opaques et douteux des organisations de masses qui jouissaient de mannes financières ahurissantes et qui ne constituaient rien d’autre que des réservoirs de matière humaine, servant de terreaux de recrutement d’éléments par les services du DRS, formés au but de noyauter toutes les institutions et organisations de l’Etat, les associations, et principalement les milieux estudiantins, tel que décrit par KM.

― Lever le voile sur les relations « employés-employeurs » diligentées entre une large fraction des fonctionnaires de la presse (écrite et audiovisuelle) et le DRS.

― Suivre la même démarche, pour faire la lumière sur la réalité des faux barrages du DRS…

Epilogue

Ce sont les « Dossiers » élaborés, triés, analysés et suivis par des efforts réfléchis, continus soutenus, crescendo, qui arriveront à faire voler en éclat cette façade, en approfondissant les fissures déjà existantes. Ce sont ces actes là qui font déjà et continuent de manière alarmante à faire perdre à cette cabale son tempo, à l’image de l’initiative du projet de monitoring des comptes en banques off shore des pontes de cette nomenklatura.

En plus de l’état groggy dans lequel pareille entreprise mettra cette cabale, cela contribuera à redonner de l’espoir et de la confiance au peuple quant à un possible changement et à la faisabilité de l’œuvre, tout comme cela contribuera à donner courage et ouvrir des perspectives aux « éléments » de l’intérieur des rangs de cette cabale, à l’image de KM, chose qui est très susceptible de déclencher un phénomène d’entraînement, à participer activement et volontairement au changement qu’aspire le peuple, permettant ainsi à ces agents, tous grades confondus, de prouver leur véritable patriotisme et que leur allégeance va au pays et au peuple exclusivement, et non pas aux sanguinaires sans foi ni loi qui les ont déshumanisés ; l’occasion leur est ainsi offerte, plus que jamais.

Rachid Ziani Chérif
9 août 2010

Notes :

(1) Elle se servait de sa camera et de sa plume pour couvrir et justifier la justesse et la légitimité de la guerre contre l’Irak, sous prétexte de sa possession d’armes de destructions massives, jouant entre l’intox et la déformation, au point d’être prise, la main dans le sac et jugée dans l’affaire de Valérie Plame, agent de renseignement fédérale, l’épouse de l’ancien ambassadeur US au Niger, dans le dévoilement public de son identité, et sa mise en danger, pour mettre son mari dans l’embarras pour avoir osé prouver le caractère fallacieux de l’argument du « yellow cake » du Niger (matériaux nucléaire) qu’aurait acquis l’Irak, argument fabriqué et utilisé par l’administration Bush pour justifier cette sale guerre et véhiculé par les Miller-like.

(2) Le droit à la justice (Le droit à un recours équitable et le devoir d’enquêter). Le droit à la justice implique que toute victime peut faire valoir ses droits et obtenir des réparations justes et efficaces, y compris l’espoir que la personne ou les personnes responsables devront rendre des comptes par la voie judiciaire et que les réparations seront sans délais. Il implique également l’obligation de la part de l’État d’enquêter sur les violations, d’arrêter et de poursuivre les auteurs et de les punir, si leur culpabilité est établie. La Convention de 1968 sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et crimes contre l’humanité considère que le passage du temps ne saurait empêcher les poursuites pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.