Lundi, 9 Mai 2011
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Tribune Libre – Aroua Abbas

Le même jour, le 4 mai dernier, deux journaux algériens notoirement connus pour être sous le contrôle direct du Département de renseignement et de sécurité (DRS) algérien : le quotidien arabophone Chourouk et le quotidien francophone Le Jour d’Algérie ont publié simultanément un même article diffamatoire contre le directeur et une employée de la Fondation Cordoue de Genève, le premier étant présenté comme un collaborateur des services de renseignement suisses recruté par les soins de la seconde. Selon les deux versions de l’article, ils seraient tous les deux impliqués « de façon sale et suspecte » dans « un jeu trouble » en Libye.
Ces deux versions de l’article, vraisemblablement rédigées par le même scribe dans une officine du DRS, semblent indiquer une panique du pouvoir algérien concernant la situation libyenne. Cette perte de la maitrise de soi laisse penser que les régimes algérien et libyen partagent des secrets et qu’il n’est pas dans l’intérêt des Algériens qu’ils soient rendus publics par la chute de Kadhafi.

Ceci est à mettre en lien avec les récents développements au sujet de la Libye et du mouvement de démocratisation dans le monde arabe. Le rôle négatif du régime algérien en Libye a été confirmé récemment dans les médias, plusieurs fois par le Conseil libyen de transition, y compris par son chef Mostafa Abdeljalil, ainsi que par l’ancien Premier ministre libyen Mostafa Abdelhalim. Le ministre algérien de l’Intérieur a par ailleurs déclaré lundi 2 mai au journal Chourouk dans une interview : « Notre relation avec la Libye deviendra tendue si les révolutionnaires arriveront au pouvoir ».

Le directeur de la Fondation Cordoue de Genève a usé de son droit de réponse en envoyant le 7 mai 2011 la mise au point ci-jointe au quotidien Chourouk, sans trop d’illusions de la voir publiée dans ce journal.

Genève, le 9 mai 2011

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Monsieur Ali Fodhil
Directeur général et responsable de la publication
Quotidien Chourouk
Alger

Genève, le 7 mai 2011

Droit de réponse

Monsieur le Directeur général,

Votre quotidien a publié le 4 mai 2011 un article signé par Sofiane A. intitulé « Leur agent a contacté Abbas Aroua pour le recruter contre la somme mensuelle de 10’000 francs » que je considère comme une atteinte à ma dignité et à l’honneur de ma famille. Ainsi, exerçant mon droit de réponse, je vous envoie cette mise au point en espérant que vous la publierez dans le respect des usages de la presse professionnelle.

Par ailleurs, je me réserve le droit à poursuivre le journaliste et le journal pour diffamation auprès d’une juridiction nationale, lorsque la justice algérienne recouvrera son indépendance.

P.D. Dr Abbas Aroua

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Mise au point
(Traduite de l’arabe)

Le quotidien algérien Chourouk a publié le 4 mai 2011 un article signé par Sofiane A. intitulé « Leur agent a contacté Abbas Aroua pour le recruter contre la somme mensuelle de 10’000 francs ». C’est un article diffamatoire qui porte atteinte à ma dignité et à l’honneur de ma famille. Je voudrais ainsi clarifier les points suivants :

1- La grave accusation à mon encontre de collaborer au profit d’un service de renseignement étranger n’a aucun fondement, il s’agit d’une pure calomnie ;

2- La Fondation Cordoue, présidée par Monsieur Ahmed Benbella, est une fondation suisse non gouvernementale à but non lucratif, qui œuvre pour l’échange interculturel entre les peuples ainsi que pour l’étude des conflits et de la paix ;

3- Madame Florence Laufer, citée dans l’article, est une chercheuse suissesse employée à temps partiel par la Fondation Cordoue ; elle dirige un projet en matière de transformation des conflits et n’a aucun lien ni avec les services de renseignement ni avec le conflit libyen ;

4- Ma contribution mentionnée à la fin de l’article ne concerne par le conflit libyen actuel. Je l’ai publiée il y a plus d’une année dans le quotidien suisse Le Temps au sujet de la crise suisso-libyenne provoquée par les frasques de Hannibal Kadhafi (Affaire Kadhafi : Comment en-est on arrivé là ? Le Temps du 30 mars 2010) ;

5- Je n’ai jamais rencontré Monsieur Ali Muhieddine Alqarra Daghi cité dans l’article ;

6- Je n’ai jamais fait partie du FIS, ni comme candidat et encore moins comme membre fondateur. J’ai quitté l’Algérie en 1984, à l’époque du parti unique, pour aller poursuivre mes études universitaires. Ce n’est pas pour autant que je me priverai de rappeler que ce parti a gagné les premières et seules élections libres et transparentes en Algérie depuis l’indépendance et à ce jour ;

7- Je n’ai jamais eu de lien organique avec « Radio Salam » qui m’a invité une fois, il y a quelques années, non pas pour « propager de fausses informations et mener une sale campagne contre l’Algérie », mais pour parler des violations bien documentées des droits de l’homme commises dans ce pays ;

8- L’Institut Hoggar, fondé en 1994, ne « contribue pas à produire et à publier de nombreuses publications hostiles à l’Algérie et portant atteinte à ses institutions », comme affirmé dans l’article, mais œuvre à documenter la situation des droits de l’homme en Algérie, depuis le coup d’Etat de 1992, sous forme de rapports d’enquêtes et de contributions scientifiques, considérées par de nombreux académiciens, juristes et défenseurs des droits de l’homme comme des références en la matière. Ces publications sont toutes disponibles en ligne sur le site de l’Institut (www.hoggar.org) ;

9- Le Mouvement Rachad est un mouvement national fondé en 2007 non pas par des « fugitifs », comme le laisse entendre l’article, mais par des citoyens honorables et responsables. Il ne « prétend » pas, mais œuvre activement pour l’instauration en Algérie d’un Etat de droit et de bonne gouvernance à travers un changement radical non-violent de la nature du pouvoir politique dans ce pays ;

10- Je me considère comme un citoyen soucieux des intérêts supérieurs du peuple algérien, résistant au pouvoir despotique, corrompu et corrupteur qui domine le peuple algérien et menace l’avenir du pays.

Il est regrettable qu’un individu qui prétend appartenir à la profession du journalisme, et qui n’assume même pas ce qu’il écrit et préfère signer son article de son prénom, ait recours à des méthodes qui manquent aux principes élémentaires de l’éthique du journalisme, et propage des mensonges et les présente au lecteur comme des vérités sous couvert de l’argument fallacieux des « sources concordantes ».

Il est également regrettable que le quotidien Chourouk tombe si bas sur le plan moral et s’inscrit dans la politique du pouvoir algérien qui jette l’anathème en accusant de trahison toute voix nationale qui ose critiquer ses pratiques désastreuses qui ont conduit l’Algérie à l’état déplorable dans lequel elle se trouve aujourd’hui.

Le changement en Algérie est inéluctable. Les journalistes algériens en connivence avec le pouvoir feraient mieux de réfléchir sérieusement, et dès maintenant, à leur destin une fois que le peuple algérien se sera libéré, tout comme ils devraient bien méditer sur ce qui est advenu récemment aux média mercenaires en Tunisie et en Egypte.

P.D. Dr Abbas Aroua
Genève, le 7 mai 2011

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Kommuniqué

Zwei algerische Tageszeitungen, die arabischsprachige Echorouk und die französischsprachige Le Jour d’Algérie, die notorisch dafür bekannt sind direkt unter der Kontrolle der DRS (Algeriens Militärsicherheitsdienst) zu stehen, haben am 4. Mai zugleich einen diffamierenden Artikel über den Direktor und eine Mitarbeiterin der Fondation Cordoue de Genève veröffentlicht. Der Direktor wurde als ein Mitarbeiter der Schweizerischen Geheimdienste vorgestellt, der dafür von der Mitarbeiterin der Stiftung angeworben wurde. Laut den zwei Artikelfassungen wären beide „auf schmutzige und verdächtige Art“ an „einem zwielichtigen Spiel“ in Libyen verwickelt.

Beide Fassungen des Artikels, die wahrscheinlich vom selben Schreiber in den Büros der DRS abgefasst wurden, scheinen ein in Panik geratenes algerisches Regime wegen der Situation in Libyen bloßzulegen. Dieser Verlust von Selbstbeherrschung gestattet uns zu denken, dass die algerischen und libyschen Regime Geheimnisse teilen, die nicht im Interesse der Algerier sind und die durch den Sturz von Kadhafi an die Öffentlichkeit geraten könnten.

Auch sind die neusten Entwicklungen zum Thema Libyen und zur Demokratiebewegung in der arabischen Welt damit in Verbindung zu setzen. Die negative Rolle des algerischen Regimes in Libyen ist kürzlich in den Medien und vom Nationalen Übergangrat in Libyen, wie auch vom Chef Mostafa Abdeljalil, sowie vom ehemaligen libyschen Premierminister Mostafa Abdelhalim bestätigt worden. Der algerische Innenminister hat außerdem am Montag den 2. Mai, in einem Interview in der Tageszeitung Echorouk erklärt: „Falls die Revolutionäre an die Macht kommen, wird unsere Beziehung mit Libyen in Spannung geraten“.

Der Direktor der Fondation Cordoue de Genève beansprucht sein Recht auf Gegendarstellung, indem er die beiliegende Klarstellung am 7. Mai 2011 an die Tageszeitung Echorouk sandte, doch mit wenig Illusionen sie in dieser Zeitung veröffentlicht zu sehen.

Genf, 9. Mai 2011

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Herr Ali Fodhil,
Generaldirektor und Herausgeber der Tageszeitung Echourouk
Algier

Genf, der 7. Mai 2011

Recht auf Gegendarstellung

Sehr geehrter Herr Generaldirektor,

Ihre Tageszeitung hat am 4. Mai 2011 einen von Sofiane A. unterzeichneten Artikel mit dem Titel: „Ihr Agent hat Abbas Aroua kontaktiert, um ihn mit der monatlichen Summe von 10 000 Franken anzuwerben“ veröffentlicht, was ich als eine Verletzung meiner Würde und der Familienehre betrachte. Folglich beanspruche ich mein Recht auf Gegendarstellung, dazu sende ich Ihnen in der Hoffnung auf Veröffentlichung meine Klarstellung, wie es die Regel im Pressewesen ist.

Sobald das algerische Justizwesen seine Unabhängigkeit erlangt, behalte ich mir außerdem das Recht bei, den Journalisten und die Zeitung vor einer nationalen gerichtlichen Instanz wegen Diffamierung rechtlich zu verfolgen.

PD Dr. Abbas Aroua

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Klarstellung

Die algerische Tageszeitung Echorouk hat am 4. Mai 2011 einen von Sofiane A. unterzeichneten Artikel mit dem Titel: „Ihr Agent hat Abbas Aroua kontaktiert, um ihn mit der monatlichen Summe von 10 000 Franken anzuwerben“ veröffentlicht. Es ist ein diffamierender Zeitungsartikel, den ich als eine Verletzung meiner Würde und Familienehre betrachte. Folgende Punkte möchte ich klären:

1- Die schwere Anschuldigung gegen meine Person, dass ich zugunsten eines ausländischen Geheimdienstes arbeiten würde, ist ohne jede Grundlage, es handelt sich um reine Verleumdung;

2- Die Fondation Cordoue de Genève, die unter dem Vorsitz von Herrn Ahmed Benbella steht, ist eine gemeinnützige Schweizerische Nicht-Regierungs-Stiftung, die sich um den interkulturellen Austausch zwischen Völkern bemüht, sowie um Konflikt- und Friedensforschung;

3- Frau Florence Laufer, die in diesem Zeitungsartikel angeführt wird; ist eine Schweizer Forscherin, die für die Fondation Cordoue als Teilzeitkraft arbeitet; sie leitet ein Forschungsprojekt in Bezug auf Konfliktbearbeitung und hat weder eine Verbindung mit Geheimdiensten noch dem Libyen-Konflikt;

4- Mein erwähnter Beitrag am Ende des Artikels, den ich schon vor länger als einem Jahr in der Tageszeitung Le Temps veröffentlicht habe, betrifft nicht den aktuellen Libyen-Konflikt, sondern es handelt sich um einen Beitrag über die Krise zwischen der Schweiz und Libyen, die durch die Eskapaden von Hannibal Kadhafi ausgelöst wurde. (Affaire Kadhafi: Comment en-est on arrivé là ? Le Temps vom 30. März 2010);

5- Den in diesem Zeitungsartikel zitierten Herrn Ali Muhieddine Alqarra Daghi, habe ich niemals getroffen;

6- Ich war nie ein Mitglied der FIS, weder ein Kandidat, noch ein Gründungsmitglied. Algerien habe ich 1984, zurzeit der Ein-Partei, verlassen um mein Universitätsstudium weiterzuführen. Doch werde ich es nicht aufgeben darauf hinzuweisen, dass die FIS die Partei ist, die seit der Unabhängigkeit bis heute, die ersten und einzigsten freien und transparenten Wahlen in Algerien gewonnen hat;

7- Ich habe nie eine organische Beziehung mit „Radio Salam“ gehabt, obwohl ich dort vor einigen Jahren einmal eingeladen war, nicht um „falsche Informationen zu verbreiten und um einen schmutzigen Feldzug gegen Algerien zu führen“ sondern um über die gut dokumentierten Verletzungen der Menschenrechte, die in diesem Land begangen werden, zu reden;

8- Das Institut Hoggar wurde im Jahre 1994 gegründet, es trägt nicht „dazu bei zahlreiche algerienfeindliche Publikationen hervorzubringen und zu veröffentlichen, die die algerischen Institutionen beeinträchtigen“, wie es in diesem Artikel behauptet wird, sondern es bemüht sich die Situation der Menschenrechte seit dem Staatsstreich von 1992 in Algerien anhand von Ermittlungsberichten und zahlreichen Fachbeiträgen zu dokumentieren, die von zahlreichen Wissenschaftlern, Juristen und Menschenrechtverteidigern als eine Empfehlung auf diesem Gebiet angesehen werden. Institut Hoggar ( www.hoggar.org );

9- Die Rachad-Bewegung ist eine nationale Bewegung, die im Jahre 2007 nicht von „Flüchtigen“ gegründet wurde, wie es der Artikel verlauten lässt, sondern von achtbaren und verantwortungsbewussten Bürgern. Sie „behauptet“ nicht, sondern bemüht sich aktiv um die Einführung eines Rechtsstaats und von Good Gouvernance in Algerien, durch einen radikalen und gewaltfreien Wandel des Wesens der Staatsmacht in diesem Land;

10- Ich betrachte mich als einen auf Wahrheit bedachten Bürger für die höheren Interessen des algerischen Volkes, der dem despotischen, korrupten und korrumpierenden Regime widersteht, welches das algerische Volk dominiert und die Zukunft des Landes bedroht.

Es ist bedauerlich, dass eine Person, die noch nicht einmal zu dem steht, was sie schreibt, die behauptet dem Berufsstand der Journalisten anzugehören, ihren Artikel mit ihrem Vornamen unterschreibt und es vorzieht Methoden anzuwenden, die die grundlegenden Prinzipien der Ethik des Journalismus verletzen, die Lügen verbreitet, die sie dem Leser unter dem Anschein des trügerischen Arguments von „übereinstimmenden Quellen“, als Wahrheiten vorstellt.

Es ist ebenfalls bedauerlich, dass die Tageszeitung Echorouk auf moralischer Ebene so tief absinkt und in Zusammenhang mit der Politik des algerischen Regimes steht, die jede nationale Stimme wegen Verrat verdammt, die sich wagt die schrecklichen Methoden zu kritisieren, die Algerien in den bedauerlichen Zustand, indem es sich heute befindet, geleitet haben. Der Wechsel in Algerien ist unvermeidlich. Die algerischen Journalisten, die Lohnschreiber des Regimes, würden besser und zwar sogleich, ernsthaft über ihr kommendes Schicksal, nach dem das algerische Volk sich befreit haben wird, nachdenken. Auch sollten sie darüber nachsinnen, was neulich mit den Lohnschreibern und -sprechern der Medien in Tunesien und Ägypten geschehen ist.

PD Dr. Abbas Aroua
Genf, der 7. Mai 2011

Übersetzung aus dem Französischen: Monica Hostettler

Der Artikel der Tageszeitung Echorouk: http://www.echoroukonline.com/ara/national/74484.html

Der Artikel der Tageszeitung: Le Jour D’Algérie:
http://www.lejourdalgerie.com/Editions/040511/Rubriques/evenement.htm#6

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Leur agent a contacté Abbas Aroua pour le recruter contre la somme mensuelle de 10’000 francs

Les services de renseignement suisses utilisent le Mouvement Rachad pour recruter des Salafis pour des missions sales

Sofiane A. Quotidien Chourouk. 4 mai 2011. (Traduit de l’arabe)

Chourouk a su de sources concordantes que la dénommée Florence Laufer, militante des droits de l’homme, qui travaille secrètement pour les services de renseignement suisses et qui est accusée d’être impliquée de façon sale et suspecte dans le développement de la situation libyenne, a lancé un appel à l’extrémiste Abbas Aroua, directeur de ladite Fondation Cordoue de Genève, pour lui fournir des « services » lui assurant une passerelle la mettant en lien avec le « courant salafiste » de son pays, contre des « avantages » mensuels estimés à 10’000 francs suisses, soit l’équivalent de 7800 euros par mois.

Le dénommé Abbas Aroua, l’un des fondateurs du FIS dissous, a déjà été impliqué par le passé dans une collaboration avec les services de renseignement suisses ; il a réussi, après avoir été chargé de mission, à recruter un professeur irakien travaillant à l’Université du Qatar, à savoir le dénommé Ali Muhieddine Alqarra Daghi.

Le dénommé Abbas Aroua réside actuellement en Suisse. Il dirige la société « Aroua, Health & Education » et enseigne à la Faculté de Médecine de Lausanne. Il dirige aussi l’Institut Hoggar. Il a contribué à produire et à publier de nombreuses publications hostiles à l’Algérie et portant atteinte à ses institutions. Il y a quelques années, il a utilisé ladite « Radio Salam » qui défendait le FIS et œuvrait à propager de fausses informations et qui menait une sale campagne contre l’Algérie.

Le dénommé Abbas Aroua a été convoqué par l’agent des services de renseignement suisses en vue de conclure un « deal rentable » dans le but de recruter et d’instrumentaliser des salafistes algériens pour des objectifs qui restent obscurs. Il est membre dudit Mouvement Rachad qu’il a annoncé il y a quelque temps en compagnie de fugitifs et de réfugiés comme Mourad Dhina, Mohamed-Larbi Zitout, Mohamed Samraoui et Rachid Mesli, qui habitent dans des pays européens. Ce mouvement avait prétendu dans son communiqué de fondation qu’« il n’était pas un parti politique, mais une force de rassemblement qui œuvre à l’instauration d’un Etat de droit et lutte contre l’exclusion, le despotisme et l’injustice » !

Il semblerait que ce deal soit en relation avec la situation libyenne. Le dénommé Abbas Aroua, qui participe aux programmes de certaines chaînes satellitaires en tant qu’« analyste », estime que la gestion suisse de la crise actuelle avec la Libye a révélé de nombreux points faibles dans la performance et l’approche méthodologique. Parmi ces points « la faiblesse à disposer des clés de compréhension de la mentalité des sociétés arabes et musulmanes, et de la société libyenne en particulier », ainsi que le fait de « ne pas associer le peuple dans la prise de décision au sujet des moyens de réagir ».

Source du texte en arabe : http://www.echoroukonline.com/ara/national/74484.html

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Abbas Aroua, ancien de l’ex-Fis et Florence Laufer, experte en coups tordus : Un jeu dangereux

Brahim Djalil. Quotidien Le Jour d’Algérie. 4 mai 2011

La situation actuelle en Libye intéresse au plus haut point un pays comme la Suisse qui a eu, l’année dernière, maille à partir avec Kaddafi lorsqu’un de ses fils a eu des problèmes avec la justice pour avoir maltraité sa gouvernante. Le gouvernement suisse vient de geler les avoirs du guide libyen et de sa famille et compte les utiliser probablement pour soutenir les insurgés. Pour ce faire, Florence Laufer, une fonctionnaire des Affaires étrangères détachée dans des organismes qui surveillent les évolutions des civilisations interculturelles, a été chargée de suivre particulièrement la situation libyenne.

Qui est Florence Laufer ?

Voilà comment elle s’est présentée elle-même, comme ancienne étudiante, à l’université de Genève : «Après mes études en géographie humaine, j’ai travaillé pour une ONG suisse, d’abord sur l’intégration des migrants et les droits des requérants d’asile, puis comme responsable du programme de développement et d’aide humanitaire au Moyen-Orient. J’ai ensuite été déléguée par la Confédération – le gouvernement suisse – dans le cadre du «Pool d’experts suisses pour la promotion civile de la paix», pour travailler au siège de l’ONU, auprès de l’Alliance des Civilisations. Je suis chargée de promouvoir auprès des pays membres et d’autres acteurs des mesures d’intégration de migrants afin d’améliorer la compréhension et la coopération interculturelle. Les outils d’analyse interdisciplinaire de la géographie me sont utiles pour saisir la complexité des systèmes sociaux, comme par exemple l’implication des migrations sur les notions d’identités, d’appartenance et sur les représentations territoriales. C’est ce cadre logique qui me permet de proposer des actions qui engagent les sociétés à se mobiliser de façon dynamique et inclusive».

Cette «experte», qui se présente par ailleurs comme une animatrice acharnée de la «défense des droits de l’Homme», entretient des relations constantes avec les services secrets suisses. Ce sont eux qui l’ont chargée d’établir un «pont» avec les figures salafistes de l’opposition libyenne puis l’ont mise en contact avec l’Algérien Abbas Aroua, ancien dirigeant du Fis et directeur de la Fondation Cordoue de Genève. Lui-même agent des services secrets du pays d’accueil, il dispose d’un entregent jugé important dans les milieux islamistes libyens et peut s’acquitter de cette mission qui vise à «fédérer» des hommes qui aujourd’hui luttent contre Kaddafi et demain peuvent le remplacer au pouvoir. La mission est donc importante et la rémunération de Abbas Aroua, de l’ordre de dix mille francs suisses mensuellement, n’est pas de trop pour le gouvernement.

Qui est Abbas Aroua ?

Ancien dirigeant du Fis, Abbas Aroua s’est établi en Suisse où il a continué à défendre les thèses de son parti en attaquant le régime algérien, notamment sur les ondes de la radio suspendue de l’ex-Fis «Essalam» et à travers sa tribune de propagande «Hoggar». Discrètement pris en charge par les services secrets du pays hôte, Abbas Aroua a pu ainsi mener ses activités de contact avec de nombreux ex-dirigeants islamistes exilés, en toute quiétude, et percevoir même des rémunérations conséquentes en contrepartie des informations qu’il fournissait. Ces informations intéressaient d’ailleurs, outre le gouvernement suisse, d’autres pays européens comme la France, l’Italie ou l’Allemagne. C’est ainsi que Abbas Aroua est devenu le «pourfendeur» des tyrans algériens et se permettait, pour sa propre crédibilité, de soutenir des chefs du Gia ou d’applaudir à des actes terroristes perpétrés en Algérie tout en les imputant systématiquement aux services de l’armée. L’essentiel pour ceux qui le manipulaient était qu’ils soient bien informés de ce qui pouvait se passer sur leurs territoires. La condition nécessaire à la bonne information résidait dans la crédibilité de l’homme.

De ce point de vue, Abbas Aroua s’est montré particulièrement actif. Outre sa filiation à l’ex-Fis, tendance salafiste, il s’est improvisé «universitaire» et organisait des réunions sur l’Algérie, la «dictature» qui y règne, l’économie, voire même l’Histoire en n’hésitant pas à affirmer, avec l’historien Messli, que le nombre de morts algériens pendant la révolution ne dépasse pas 8 000. Avec l’argent suisse, il a pu réunir des fonds pour sa fondation Cordoue de Genève, et se donner un surplus de respectabilité. Sa grande idée est d’œuvrer pour le «dialogue des religions chrétienne et musulmane» qu’il s’acharne à vouloir diriger politiquement contre l’Algérie. Il a pu ainsi organiser et participer, sous couvert universitaire, avec des hommes politiques comme Abdelhamid Mehri, ou des intellectuels comme Addi Lahouari qui apportèrent à sa dénonciation du régime «tyrannique» algérien un surplus de caution.

Un homme à plusieurs facettes

On peut dire que Abbas Aroua a plusieurs facettes. Politiquement, il poursuit plus que jamais son combat contre les responsables de l’interruption du processus électoral de janvier 1991. Ce qui l’amène à épouser les thèses terroristes tout en imputant, dans un double jeu, les actes eux-mêmes aux services de sécurité : c’est le fameux «qui tue qui ?» Idéologiquement, il prône la solution islamique tout en affirmant qu’il inscrit cette solution dans le cadre d’une entente avec le christianisme. Il arrive à réunir autour de lui des prosélytes musulmans et des hommes d’Eglise.

Secrètement, il collabore avec les services de renseignement suisses à qui il rend compte de toutes ses activités ; c’est là la condition de sa liberté d’action et de parole. Il approche et recrute pour le compte du gouvernement suisse, par exemple, l’Irakien Al-Qura Daghi Ali Mohieddine qui exerce à l’université de Qatar. Il établit des alliances avec d’autres activistes algériens, notamment Larbi Zitoun de Rachad, à Londres. On le voit régulièrement intervenir comme un leader d’opposition sur France 24 et surtout sur Al Jazeera, avec la qualité de «Docteur».

Un jeu dangereux

Les interventions médiatique et politique de Abbas Aroua en faveur de la Suisse contre la Libye, à l’occasion de la crise qui a secoué récemment les deux pays, ont été jugées remarquables. Aussi bien, c’est à lui qu’on a pensé naturellement lorsqu’il a fallu trouver pour Florence Laufer un homme capable d’établir des contacts avec les opposants salafistes libyens. Comme on le voit, le jeu trouble de certains pays en Libye, qui utilisent des Algériens, pour des objectifs inavouables peut servir tout à la fois à des hypothèses farfelues d’une implication algérienne dans la guerre qui agite ce pays voisin. Abbas Aroua peut se révéler n’être qu’un exemple parmi d’autres. En conséquence, sa dénonciation publique est nécessaire.

Source : http://www.lejourdalgerie.com/Editions/040511/Rubriques/evenement.htm#6