Ça va mal pour l’Occident, ça va mal en Occident. Usé par des siècles d’effort soutenu pour dominer le monde, l’Occident est gravement souffrant. Il ne peut plus rien contre ses « ennemis » et ne peut rien pour lui-même.

Avant, la fatigue qui l’atteignait se soignait par un repos forcé. Passagère, elle ne concernait que le corps. Cette fois, l’Occident a mal à la tête. Il a pris un coup de vieux. Il a revêtu son pyjama et a oublié de le boutonner. Il se fait du mouron pour lui et surtout pour ses enfants qui ne soignent plus leur langue, qui ne sont plus capables de veiller au grain, qui n’assument plus la civilisation édifiée par des générations de travailleurs, de savants et d’aventuriers. Ses fils ne le reconnaissent plus. Le message a cessé de passer entre les générations. L’Occident s’atomise. L’impuissance s’installe, et il ne reste plus que l’invective, la rancune et l’aigreur.

La situation est dramatique. Quelle chance a-t-il de retrouver son bon sens ? Les médecins de la civilisation qui sont à son chevet ne peuvent rien pronostiquer de bon. Il semble que le destin soit scellé, comme il le fut pour d’autres civilisations avant lui.

Avant, l’Occident avait des idées pour lui et pour les autres. Avec ses idées, il obtenait tout ce qui lui manquait, pétrole et matières premières, et techniques pour les exploiter. Il savait peser sur le monde et y laisser son empreinte profonde. Aujourd’hui, blessé, sa pauvre tête lui pèse, secouée par des chimères et des illusions, qui le rendent grincheux, radoteur et grognard.

Il s’affole. Comme toujours en pareil cas, on devient paranoïaque. Il s’en prend aux autres, car… l’enfer, c’est les autres. Il ne doute plus que ce sont les autres qui sont la cause de ses malheurs, qui le privent de ses pouvoirs magiques d’antan, du temps pas si lointain où tous ses désirs étaient réalisés. Comme est triste l’heure de la mort pour l’homme coupable !

Quand il avait toutes ses capacités mentales, l’Occident tenait les autres pour rien dans l’équilibre du monde. Il ne cherchait jamais les faux-fuyants. Il se voyait responsable de l’état de la planète, en bien ou en mal. Il assumait, comme on dit. Les musulmans comptaient pour des vétilles à ses yeux.

A présent, le voilà qui délire. Le délire est une maladie sans remède connu. Il n’y a qu’à espérer… et prier pour sa guérison. Parce que sa mort n’est pas une bonne nouvelle, en tout cas pas pour tout le monde. Nous lui aurions souhaité une vie plus longue pour lui permettre de racheter ses péchés, de demander pardon, de se réconcilier avec le monde et de mourir en paix.

Mais bon. On ne peut rien contre le destin, non plus. Dans son état présent, l’Occident bénéficie de l’une des clauses de la bonté divine. Celle de l’incapacité juridique relative à l’âge et à la sénilité. Les anges ont levé leur calame, et n’enregistrent plus les discours de l’Occident car ils sont tenus dans un état de délire. Le malade n’est plus responsable de ses actes.

Par pudeur pour le moribond, les anges ont cessé de filmer la scène finale où l’Occident émet ses râles abominables.

Dieu est bonté et sagesse.

Alors quand on vous parle des caricatures, sachez que tout ce que dit l’Occident, jadis fier modèle de conduite et de savoir-vivre feint, ne révèle que le fond de ce qu’il a toujours contenu de sa rage. N’ayant plus la force de la dissimuler, sa haine éclate au grand jour ; sans laisse pour la retenir, elle jaillit comme un flot d’insultes proférées par un dément.

Le voici victime de ses propres démons. Il fut un temps, en Occident, où pour une parole déplacée, on relevait le défi en engageant un duel à l’épée ou au pistolet pour laver son honneur. L’occidental a commencé à lâcher ses valeurs, une à une, jusqu’à ne plus s’occuper hypocritement que de l’écologie pour « sauver l’espèce humaine », lui qui commit tant de massacres « pour faire avancer la civilisation ». Il fut un temps où si vous prononciez une parole blessante à propos de l’épouse d’un homme, vous deviez prendre le risque de la mort. La mort était assurée si vous osiez parler en mal de la personne de Jésus (AS). Tout le monde assumait alors.

L’Occident a fait beaucoup de « progrès » depuis. Il n’y a plus aucun critère positif, uniquement des mots qui n’engagent personne et qui ne blessent personne. Voici un exemple de la sublime sagesse à laquelle il est parvenu : Il ne faut pas dire « homme » mais « personne », parce que le mot homme est antiféministe. On a cassé la langue ancestrale pour que l’incompréhension soit totale. Telles sont les dernières recommandations de l’Occident pour les générations futures. Bref, au fur et à mesure qu’il perdait ses colonies, il perdait ses… valeurs. « Pleure comme une femme ce que tu n’as pas su défendre comme un homme ! » a dit sa mère lucide au dernier roi musulman de Grenade.

L’Occident n’a plus rien. Il ne lui reste plus que les yeux pour pleurer.

Mais…, il tient les musulmans pour les responsables de sa déconfiture. C’est pour se consoler avec une dernière chimère… pour la route. Les musulmans ne sont pour rien dans son malheur. Eux aussi ne sont que des caricatures de ce qu’ils devraient être, de ce à quoi ils prétendent aspirer. C’est vrai que leur cause est plus digne, plus ambitieuse : ramener les enseignements des prophètes divins au devant des hommes, relever le niveau de la dignité humaine de l’abîme dans lequel l’Occident l’a conduit.

Mais les musulmans aussi paient pour leur incapacité, et eux aussi espèrent en la bonté divine.

Les musulmans aussi avaient manqué d’acuité quand ils tenaient l’Occident pour la cause de leurs échecs. Ils continuent de réagir avec violence aux scandales suscités à l’autre bout du monde, mais ils ne font rien contre leur propre inconduite, quand ils poignardent chaque jour dans le dos les enseignements insurpassables de justice et de droiture de notre bien-aimé Prophète (SAW), le meilleur des hommes.

Alors plutôt que de s’en prendre aux lieux publics, plutôt que de jeter des pierres à nos policiers qui obéissent à nos gouvernants, je suggère à mes coreligionnaires de réciter le maximum de salawât pour notre Prophète (SAW), selon la formule qu’il nous a enseignée et que nous récitons dans nos prières quotidiennes, à savoir : اللهم صلي على محمد و آل محمد

Et ce, à chaque fois que parviendra à nos oreilles la rumeur de la crise de délire occidentale.

Si chaque musulman récitait 10 salawât, cela laverait la umma de son péché d’impuissance.
Insha Allah !

Abû al-‘Atâhiya
22 septembre 2012