Bingo KD, à défaut d’un Goncourt reçoit une fatwa, non moins « valorisante », qui non seulement le consolera de sa frustration d’échec mais lui ouvrira sans doute la voie pleine de promesse de consécrations futures, sur les pas de Salman rushdie, Teslima nesrine et autre Ayann Hirsi, comme je l’ai d’ailleurs écris il y a quelque temps (l’aura de Sifaoui, Chelgoumi donne le tournis à KD) où j’avais pressenti sans être devin ce qui se passe aujourd’hui, allant de son passage chez Ruquier (ONPC) aux fatwa de Hamadache et autres nervis du système, une fatwa qui tombe à point nommé.

Mais au-delà de cette prévision, une question se pose sur l’origine réelle de cette fatwa, indépendamment de celui qui la revendique, qui à l’instar des fameux communiqués des GIA (groupes islamistes de l’armée) qui provenaient des sous-sols de Ben Aknoun, ces communiqués (comme l’avait soulevé Ahmed Semiane dans « Au refuge des balles perdues »), cette fatwa nouvellement édictée, semble provenir des mêmes bas fonds. Ceci m’interpelle pour conseiller à KD que si crainte effective il y a sur sa vie, il devrait sincèrement voir ailleurs que de du coté qu’il pense en être l’auteur, il devrait craindre la véritable source de cette fatwa, et de prendre au sérieux l’appel de Said Mekbel qui avant sa mort avait confessé à cette journaliste scandinave, que s’il lui arrivait malheur, le système serait derrière son assassinat, et qu’on ferait endosser la responsabilité immédiate à « la bête immonde ». Bien que je me situe en totale contradiction avec les thèses haineuse de KD qui s’apparentent à de véritables fatwas « laïcisantes », et de cri de meurtres, même si elles se trouvent drapée de gant « civilisé » moderniste, cela ne m’empêche pas de lui reconnaitre son droit légitime de s’exprimer et de dire toute sa haine sur ceux sur le dos duquel il « bâtit » une réputation outre méditerranée.

Ceci dit, je reviens au vif de cette fallacieuse bataille entretenue à dessein, tout comme ‘diviser pour régner’ que s’est approprié les régimes coloniaux pour mettre au pas les peuples colonisé, nos pouvoir usent, quant à eux, de ce subterfuge de diversion, faisant feu de tout bois, n’hésitant même pas à user de parties en apparence aux antipodes l’une de l’autre mais qui baignent de fait dans une complémentarité et synergie faisant le lit ce même pouvoir, tirant chacun une « notoriété » de ce combat de coq qui n’intéresse en rien le citoyen, l’un se présentant comme victime, pour son combat dans la défense de la liberté d’expression, une liberté qu’il nie aux autres, et l’autre en s’appropriant fallacieusement du rôle de défenseur de la religion, ce combat « historique » que ce pouvoir exploite à satiété, s’il n’en est pas son géniteur (est-ce un hasard que de voir Ennahar précisément surfer sur cette vague en soufflant sa médisance) ?

Je pense pour ma part qu’il faudrait afin d’éviter de tomber dans la condamnation sélective et la solidarité élitiste, ou de corporation, ne pas oublier que la fatwa, n’émane pas uniquement de faux imams enturbannés, on en a vu des centaine de fatwa laïcisantes sectaires pondu le long de colonnes et éditoriaux de journaux dit indépendants, à l’encontre de ceux qu’ils condamnaient de facto et assimilaient à la bête immonde, en dépersonnalisant leur « contradicteurs », une manière de légitimer leur éradication, tout comme l’ont fait avant eux les crieurs de haine et semeurs de mort des radio des « milles collines ».

S’il faut condamner on se doit d’être intègre et sans double standard, condamner ces fatwa qu’elles émanent de nervis enturbannés du système ou de ‘plumeux, non moins haineux et liberticide, dont chacun constitue le revers de l’autre, en fait en un mot il s’agit rien de moins qu’une prestidigitation ancienne, appelée diversion, un autre synonyme d’attrape nigaud des pouvoir défaillants.

Rachid Ziani-Cherif
18 décembre 2014