S’il y a des noms qui marquent de façon indélébile l’histoire de notre pays, celui d’Abane Ramdane y figure forcément. En effet, la seule évocation de son nom représente déjà un idéal. Malgré les tentatives des hommes forts de l’Algérie indépendantes de vouloir l’effacer du récit historique, il suffit qu’un article ou un livre soit écrit sur la guerre d’Algérie pour que le rédacteur accorde une place prépondérante à Abane Ramdane.

Dans la catégorie des grands tacticiens et stratèges, l’histoire contemporaine retient peu de noms. Incontestablement, Abane Ramdane appartient à ce cercle très restreint des chefs qui sont capables de rassembler leur peuple en vue de réaliser un projet commun.

En effet, depuis sa libération des geôles française, le 18 janvier 1955, la révolution algérienne trouve la tête politique qui lui fait défaut à l’Intérieur. Bien que des comploteurs songent en plein brasier à leur sort personnel en se projetant dans l’après-guerre, la mission d’Abane Ramdane est diamétralement opposée. Son travail consiste alors à créer un climat de confiance entre le simple citoyen et le responsable hiérarchique.

Ainsi, ce qu’était chimérique jusque-là, Abane Ramdane et quelques militants dévoués, à l’instar de Larbi Ben Mhidi, le concrétisent en août 1956 en réussissant à réaliser l’union de tous les courants politiques nationaux au sein du FLN historique. L’éminent historien français, Gilbert Meynier, compare volontiers Abane Ramdane à Jean Moulin. Quand on sait le rôle qu’a joué Jean Moulin en vue d’unifier la résistance française dans son combat contre le nazisme, la comparaison –et c’est le moins que l’on puisse dire –est flatteuse.

Hélas, si Jean Moulin est honoré dans son pays à un très haut niveau de l’État, il n’en est pas de même de notre héros national. Pire encore, entre les attaques de Ben Bella, Ali Kafi et récemment Dahou Ould Kablia, les tentatives de souiller sa mémoire sont légion. Or, en dépit de la puissance de ces hommes, les défenseurs de la mémoire d’Abane Ramdane –avec des moyens dérisoires évidemment –se sont toujours mobilisés contre l’affront.

En tout cas, avec la création d’un site internet portant le nom « Abane Ramdane », les répliques vont être désormais organisées. Pour chaque mensonge colporté, il faudra dévoiler dix vérités sur la justesse du combat d’Abane Ramdane.

Enfin, il est du devoir de chaque citoyen épris de justice –il faut rappeler qu’Abane Ramdane n’a même pas eu le droit à un procès équitable pour qu’il puisse plaider sa cause –et de chaque militant croyant aux valeurs démocratiques universelles de contribuer à ce que la vérité sur le combat et sur le lâche assassinat d’Abane Ramdane soit connue de tous.

Boubekeur Aït Benali
23 février 2016